Ana kap, petit orchestre de quiosque à musique, début de siècle, illustrant un film muet. Ana kap joue ses propres compositions, on y retrouve l’esprit de l’époque où le jazz était une musique joueuse et populaire, à la fois virtuose et légère, teintée de couleurs balkaniques ainsi que d’une touche fraîche de guinguette. C’est une exploration des timbres instrumentaux qui pourrait nous faire penser aux musiques de film de Federico Fellini, aux compositions du bandonéoniste argentin Astor Piazzolla mais aussi à l’univers de deux albums du trompettiste et compositeur américain Dave Douglas “charms of the night sky” et “ a thousand evenings”. Ana kap joue à la fois sur une profonde maîtrise instrumentale mais aussi sur l’urgence fondamentale de l’improvisation. Ana kap, c’est un univers polissonique, où l’urgence de l’improvisation est toujours au service d’une écriture musicale finement ciselée, où l’auditeur complice passe du rire aux larmes, et le trompettiste de Ré Bémol à Do. Ana kap, c’est Nino Rota qui prend un café sur les bords de Marne, une cave de jazz enfumée, squattée par des danseuses étoiles de l’opéra d’Oulan Bator, Yvette Horner au bras de James Bond, lors du bal annuel du Grand Orchestre du Consulat Helvétique Oriental (alias le G.O.C.H.O).
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